Les fondamentaux de l’alimentation du diabétique de type 1

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L’alimentation joue un rôle clé chez les personnes souffrant de diabète. Après avoir passé en revue l’alimentation du diabète de type 2, Annabelle Orsatelli, auteur du livre « La Pâtisserie pour Diabétique, c’est permis ! » nous explique les principales règles à suivre en ce qui concerne l’alimentation d’un diabétique de type 1.

L’alimentation du diabétique de type 1

Le gros challenge alimentaire des diabétiques de type 1

Il n’est pas utile de rappeler que le diabétique de type 1 devrait avoir une hygiène alimentaire saine et équilibrée, au-delà donc même du diabète – comme tout le monde. (Pour cela, vous pouvez vous référer à l’article sur le diabète de type 2 qui décrit ce que l’on entend par une alimentation équilibrée.) Tout comme, il n’est pas utile de lancer des débats sur les bienfaits ou non de tel ou tel produit, là encore, je vous renvoie à la principale recommandation qui rappelle qu’un régime alimentaire est avant tout singulier et doit être envisagé avec votre médecin.

Dans une maladie, comme le diabète de type 1, où alimentation rime avec injection, où rien n’est interdit mais il est surtout question de dosage au sens mathématique du terme, l’intérêt d’un article sur l’alimentation est de vous permettre de mieux cerner son implication sur la glycémie, d’avoir quelques astuces et de pouvoir ainsi maîtriser l’enjeu du diabète de type 1, à savoir : 

  • maintenir un équilibre glycémique pour retarder les complications
  • et ne pas souffrir quotidiennement de la symptomatologie que le déséquilibre entraîne, tout en maintenant une bonne qualité de vie liée au plaisir de la table.
Le diabète pour les nuls

Source: FREEPIK/DocteurBonneBouffe.com

Le quotidien parfois angoissant d’un diabétique

Quand alimentation rime avec injection

Avec l’insulinothérapie fonctionnelle (la méthode qui consiste à adapter les doses d’insuline selon l’alimentation du diabètique), le diabète de type 1 est théoriquement simple à gérer (j’ai bien dit en théorie) : une insuline lente couvre les besoins permanent en insuline et une insuline rapide couvre l’élévation de la glycémie qui sera créée par les différents repas. Pour cela, un ratio quantité de glucides/insuline vous est établi et vous permet de doser votre injection en fonction de votre repas.

Il existe une autre insulinothérapie basal/bolus différente de l’insulinothérapie fonctionnelle, mais qui tend à laisser place à cette dernière, c’est pourquoi notre propos se centre sur la fonctionnelle uniquement. En théorie donc c’est simple ! Oui, mais dans la réalité ce n’est pas toujours le cas.

Les difficultés quotidiennes d’un diabétique de type 1

Le stress, l’activité, la fatigue, une légère infection, l’index glycémique des aliments, leur mode de cuisson, la difficulté parfois pour évaluer la quantité de glucides…. sont des paramètres qui vont transformer le rapport à l’alimentation d’un diabétique de type 1 en une croisade parfois lourde à porter et dès lors, les plaisirs de la table laissent place à l’obsessionnalité, le contrôle, voire l’angoisse.

Trop ou trop peu d’insuline, telle est la question ! Et, il faut parfois, en cas d’erreur, ou d’une variable imprévue telle que l’index glycémique d’un aliment par exemple, corriger soit l’hypoglycémie en consommant des glucides ou alors l’hyperglycémie en s’injectant une dose d’insuline supplémentaire. Au-delà de l’inconfort de ces situations, tant personnel que social, le déséquilibre de la glycémie peut perdurer et c’est alors ce que l’on appelle l’effet rebond, ou yoyo de la glycémie, nous donnant ainsi le sentiment de ne plus rien maîtriser. Alors comment profiter des plaisirs de la table ? Mon mari, diabétique de type 1, me disait fréquemment avant que je ne développe des pâtisseries n’influençant quasiment pas la glycémie qu’être diabétique de type 1 et gourmand c’était vivre dangereusement !

Dans de nombreux articles, on peut lire que la peur de l’hypoglycémie est fréquente chez les diabétiques de type 1 entraînant de nombreuses conséquences dont le sous-dosage de l’insuline pour les repas. Notre diététicien Guillaume Landat rappelle l’importance de bien calculer les doses d’insuline à injecter : en effet, « J’ai malheuresement vu de nombreux patients qui s’injectaient des quantités hasardeuses ou approximatives d’insuline, ce qui est très dangereux » – nous explique-t-il.

C’est pourquoi, à mon sens, un article sur l’alimentation du diabétique de type 1 ne présente que peu d’intérêt s’il ne fait que reprendre les fondamentaux d’une alimentation équilibrée, et ce n’est finalement pas la principale problématique. Par contre, s’il donne quelques astuces, qui n’enlèveront certes pas le lien entre alimentation et injection, mais qui permettront de redonner à l’alimentation toute sa dimension conviviale et de plaisir, alors là je dis oui !

diabete et hyperglycemie

Source : medonet.pl

4 astuces pour retrouver un peu d’insouciance dans un diabète de type 1

#1 Soyez des aventuriers et partez à la découverte de nouveaux produits

Cette première astuce est peut-être la plus importante. Il nous est généralement très compliqué de changer d’habitudes alimentaires, même finalement lorsqu’elles sont simples. Qu’à cela ne tienne, à présent, entrez dans les rayons des magasins que vous ne connaissiez pas, découvrez de nouveaux produits, votre carte des index glycémiques à la main et soyez créatifs !

Découvrez ainsi des farines à index glycémiques bas, telle que la farine de coco, de lupin, de soja, de lentilles…, et mélangez-les à une farine de blé classique pour diverses préparations tant « sucrées » que salées. En faisant cela vous réduirez la quantité de glucides, mais surtout la charge glycémique, et de fait les conséquences d’une erreur sur la quantité d’insuline injectée pour votre repas seront moins significatives.

Un peu d’insouciance en définitive ! Découvrez également de nouveaux substituts de sucre comme le tagatose (100% naturel dérivé de la protéine du lait qui a un index glycémique proche de zéro, vendu sous le nom Tagatesse) ou le xylitol extrait de l’écorce du bouleau présent depuis longtemps dans de nombreux produits tels que les chewing gums sans sucre ou les dentifrices car il a un effet anti-carie reconnu), ou bien de nouveaux sucres, comme le sucre de coco, qui a un index glycémique de 35 au lieu de 70 pour le sucre blanc. A quantité équivalente votre glycémie fluctuera deux fois moins !

Osez donc changer ! Même si c’est finalement le plus complexe pour nous êtres humains.

#2 Le petit déjeuner mixte glucides / protéines

Le juste dosage de l’insuline pour le petit déjeuner est souvent compliqué. Dès lors, un déséquilibre de la glycémie au départ risque de favoriser l’effet rebond sur toute la journée. Là encore, innovez, et optez pour un petit déjeuner mixte entre glucides et protéines. La charge glycémique réduite vous permettra de limiter le risque d’effet rebond. Une belle tranche de pain complet légèrement grillée sur laquelle vous déposez une tranche de jambon de Paris ou de poulet selon votre choix parsemé de quelques cornichons vous donnera un peps incroyable ! Vous m’en direz des nouvelles ! 

#3 Le socle glucidique du repas

Cette astuce est généralement plus connue. Elle consiste à ne pas faire varier la quantité de glucides de vos repas et de vous « lâcher » sur le reste. Vous pouvez alors vous faire plaisir avec des légumes – en salade ou cuisinés aux épices tout en contrôlant les apports en glucides….

Ici l’insouciance retrouvée est liée au fait de maîtriser le rapport glucides/injection. En mathématiques, on dirait que les glucides sont ainsi une constante et non plus une variable… vive les maths (je les déteste !). Rien n’empêche de varier les glucides, dans cette astuce c’est la quantité qui doit être stable.

#4 Raisonnez quantité de glucides, mais pas que !

La quantité de glucides n’en fait pas leur qualité. En effet 10g de sucre n’influenceront pas la glycémie de la même façon que 10g de glucides complexes à index glycémique bas, et pourtant il s’agit bien dans les deux cas de 10g de glucides. Pour les 10g de sucre il vous faudra couvrir avec l’insuline un pic d’hyperglycémie, alors qu’avec les 10g de glucides à index glycémique bas, peut-être même que votre glycémie ne fluctuera que très peu.

Ainsi raisonnez, certes quantité de glucides, mais également charge glycémique. Un repas avec une charge glycémique basse limitera le risque d’effet rebond. Un article sera dédié à la charge glycémique, en attendant, vous pouvez commencer à vous familiariser avec cette notion ici.

Cela peut prendre un peu de temps, car changer ses habitudes est bien ce qu’il y a de plus compliqué d’autant que nous ne vivons pas seul, les changements impactent aussi notre environnement. Toutefois prenez le temps de vous pencher sur ces 4 astuces car elles permettent de renouer avec un peu d’insouciance et le plaisir de la table, que le diabète de type 1 a considérablement attaqué. A bientôt !

Annabelle Orsatelli

Découvrir le livre d’Annabelle Orsatelli ici.

Auteure du livre "La Pâtisserie pour Diabétiques, c'est permis!". Passionnée depuis toujours de pâtisserie, le diabète omniprésent dans sa famille l’a poussé à étudier, durant plusieurs années, les propriétés physico-chimiques des ingrédients de base en pâtisserie, afin de pouvoir les remplacer par d’autres mieux adaptés aux diabétiques. Au travers de ces articles, elle nous montrera comment « diabète et gourmandise » peuvent enfin se réconcilier !