Faut-il vraiment avoir peur de l’huile de palme ?

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L’huile de palme est l’huile la plus consommée au monde, avec plus de 42 millions de tonnes par an. Pourtant, elle se retrouve depuis quelques années au cœur d’une puissante polémique – accusée d’être la cause de déforestations massives et, d’un point de vue nutritif, d’être un facteur de risque de maladies cardiovasculaires. Mais l’huile de palme est-elle aussi mauvaise qu’on le pense ? Docteur BonneBouffe a mené l’enquête pour vous.

A la découverte de l’huile de palme

D’où provient l’huile de palme ?

L’huile de palme provient du palmier à huile (Elaeis guineensis). Elle est obtenue à partir du fruit de l’arbre, par laquelle elle est extraite par pression à chaud de la pulpe. Pour votre information, 100 kilogrammes de fruits donnent 22 kg d’huile de palme.

Source : upsides.com

Source : upsides.com

Les atouts de l’huile de palme

L’huile de palme a pour avantage d’être une matière grasse naturelle, solide à température ambiante – qu’il est inutile de transformer. Grâce à elle, les biscuits ne « transpirent pas » le gras.

De plus, elle a un goût neutre, une texture onctueuse et ne rancit pas vite. Elle est stable à la cuisson et résiste aux changements de température.

Enfin, son très faible coût est possible grâce à sa productivité exceptionnelle : en effet, l’huile de palme a un rendement à l’hectare 10 fois supérieur comparé à l’huile de colza, l’huile de soja ou encore l’huile de tournesol.

Une composition nutritionnelle remarquable

L’huile de palme est accusée d’être riche en acide palmitique, un acide gras athérogène (=qui entraîne la formation de caillots sanguins) lorsque consommé en excès. Tout de même, elle a l’avantage de ne pas contenir d’acides gras trans – responsable non seulement de l’augmentation des niveaux de cholestérol LDL (« mauvais » cholestérol) mais aussi de la diminution des taux de cholestérol HDL (« bon » cholestérol – bénéfique pour la santé cardiovasculaire).

De plus, lorsqu’on compare le profil en acides gras de l’huile de palme avec celui de la matière grasse du lait maternel, ces deux sont parfaitement similaires : en effet, de toutes les huiles végétales, celle de palme est celle dont l’équilibre entre les acides gras saturés, les acides gras mono-insaturés et les acides gras poly-insaturés est le plus proche de celui du lait maternel. C’est pour cette raison qu’il est avantageux d’utiliser une base d’huile de palme pour formuler du lait infantile.

L’huile de palme brute est également connue sous le nom « red palm oil » en raison de sa couleur rouge liée à sa richesse en caroténoïdes (α-, β-et γ-carotènes) : elle contient entre 500 et 2000 mg/kg d’huile de caroténoïdes, tandis que les autres huiles végétales brutes en contiennent environ 100 mg/kg. Cet atout de l’huile de palme a déjà été utilisé dans des pays d’Afrique notamment le Burkina Faso pour lutter contre les carences en vitamine A. (Il est à noter que ces pigments sont éliminés lors du raffinage.)

Même si toutes les huiles végétales contiennent de la vitamine E, l’huile de palme a la particularité de contenir surtout des tocotriénols et des tocophérols, ayant un pouvoir vitaminique E très élevé. L’huile de palme contient également d’autres phytonutriments comme des phytostérols (sitostérol, stigmastérol et campestérol) ayant des propriétés antioxydantes.

fruits huile de palme

Crédits Photos : Deposit photos

Pourquoi l’huile de palme fait-elle donc polémique ?

Les atouts de l’huile de palme en font un ingrédient incontournable de l’industrie alimentaire. Pour preuve, on retrouve l’huile de palme dans les biscuits, gâteaux, viennoiseries, pâtes à tarte, panures, plats cuisinés, craquelins, croustilles, frites, beignes, céréales, barres chocolatées ainsi que les pâtes à tartiner aux noisettes.

Sa « sur-présence » dans toutes sortes d’aliments industriels entraîne des dangers liés aux apports trop importants en gras saturés. Or, on sait depuis de nombreuses années que les gras saturés ou « mauvais gras » augmentent les taux de cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) qui représente un facteur de risque de maladies cardiovasculaires.

Enfin, l’huile de palme est source de polémique car malgré des coûts de production peu élevés, la culture du palmier à huile est souvent accompagnée d’une déforestation intense ayant des conséquences majeures sur le climat (production de CO2 provoquée par les feux de forêts) et sur la biodiversité (diminution des populations d’orang-outans).

Liste aliments contenant de l'huile de palme

Source : Slideshare

Quel avenir pour l’huile de palme ?

Alors que la présence d’huile de palme est devenu un sérieux argument de choix pour de nombreux consommateurs, l’huile de palme semble encore avoir de beaux jours devant elle – faute de graisses de remplacement viables économiquement, technologiquement ou encore écologiquement. (Et oui, car le palmier à huile demeure jusqu’à présent sans concurrent sérieux.)

Bien qu’il n’y ait aucun doute que la consommation d’huile de palme contribue aux apports en acides gras saturés et qu’une consommation excessive de gras saturés est dangereuse pour la santé car associée à l’augmentation du risque de maladies cardiovasculaires, la consommation occasionnelle d’huile de palme ne représente pas d’inquiétudes pour la santé. Comme toujours, la clé réside dans la modération. Variez les graisses consommées et n’abusez pas d’aliments préparés et de fritures – ceux-ci cachant souvent la présence d’huile de palme. Et dès que possible, privilégiez les aliments « sans huile de palme ».

Source : USDA & FAOPasseportSantéNutriMarketing.eu

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Diététicienne-Nutritionniste & Blogueuse complètement FOOD-dingue. Experte de la bonne bouffe, j'ai créé le blog DocteurBonneBouffe.com en 2013. Mon objectif : manger sainement en se faisant plaisir !