Diabète : Qu’est-ce que c’est ?

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S’il y a bien une maladie terrible parmi toutes lorsque l’on est gourmand : c’est le diabète. Selon la Fédération Française des Diabétiques, la France comptait plus de 3 millions de diabétiques en 2013, soit 4,7% de la population. (A cela, s’ajoutent les personnes diabétiques qui s’ignorent). On parle d’une véritable épidémie. Mais qu’est-ce que le diabète ? Quels font les différents types de diabète ? Annabelle Orsatelli, auteur du livre « La Pâtisserie pour Diabétique, c’est permis ! » répond à vos questions.

Tout savoir sur le diabète

Qu’est-ce que le diabète ?

Le diabète est une maladie qui correspond à un trouble de la régulation du taux de sucre dans notre organisme (appelé glucose) et qui entraîne un état d’hyperglycémie chronique.
On distingue deux types de diabète :
– le diabète de type I qui se caractérise par l’absence d’insuline, conséquence de la destruction des cellules β des ilots de Langerhans chargées de produire l’insuline. (Cette réaction est causée par un mécanisme auto-immun. Le diabète de type I est donc une maladie auto-immune). Ce diabète est dit insulinodépendant.
– le diabète de type II  qui se caractérise par une carence en insuline, causé par un état d’insulino-résistance qui se développe avec le temps et qui est la conséquence de plusieurs facteurs externes (alimentation inadapté, surpoids, etc).

Le principe métabolique général des diabètes

Notre organisme maintient un équilibre intérieur que l’on appelle « l’homéostasie », dont l’équilibre glycémique fait partie. L’équilibre glycémique est le maintien du taux de glucose sanguin (taux de sucre dans le sang) à un certain niveau afin de nourrir nos cellules sans les altérer.

C’est l’insuline qui est en charge de réguler ce taux de glucose et cela sera possible grâce aux cellules B du pancréas qui libéreront la quantité d’insuline nécessaire pour équilibrer la glycémie.

Le diabète est une perturbation de ce dialogue entre le taux de glucose sanguin et les cellules B – perturbations aux causes et mécanismes différents en fonction du type de diabète et de fait entraînant des enjeux et contraintes à la maladie également différent.

La personne qui se découvre diabétique doit adopter un régime strict : non seulement elle doit être extrêmement vigilante sur les glucides (sucres), mais elle doit également limiter les lipides (le gras) au maximum. En effet, car la consommation de gras favorise le diabète.

Diabètes de type 1 et 2 : principales différences

Le diabète de type 1

Le mécanisme est relativement simple, puisque les cellules B sont détruites, et de fait, elles ne peuvent plus produire d’insuline : ce diabète est dit insulinodépendant. C’est l’organisme lui-même qui a détruit les cellules B, il s’agit d’une maladie auto-immune.

Dans ce type de maladie, le système immunitaire se retourne contre une partie du corps, un peu comme s’il prenait les cellules B du pancréas pour des virus, il crée ainsi des anticorps qui vont se débarrasser d’elles. Les causes sont inconnues, ne sont pas liées à l’alimentation et les facteurs génétiques semblent faibles. Ce diabète est fréquent chez l’enfant, il était anciennement appelé diabète juvénile, mais une forme adulte existe également connue sous le nom de diabète de type 1 « lada » « Latent Auto-immun Diabetes in Adults ».

Dans le diabète de type 1, dès que 80% des cellules B sont détruites, les symptômes apparaissent brutalement et les personnes qui en sont atteintes deviennent dépendantes d’injections d’insuline, autrement le pronostic vital est en jeu. L’homéostasie est alors maintenue par le patient lui-même et sa vie est rythmée par de nombreux contrôles quotidiens. Beaucoup de personnes diabétiques de type 1 disent que leur plus grand rêve serait de vivre une seule journée d’insouciance. Sur les 3,5 millions de diabétiques en France, seuls 200 000 sont de type 1.

diabete et hyperglycemie

Source : medonet.pl

Le diabète de type 2

Les perturbations physiologiques du diabète de type 2 sont assez complexes et comprennent deux temps différents. Le premier, qui peut s’étendre sur 10 ou 20 ans, est appelé pré-diabète et son mécanisme est l’insulinorésistance. Les tissus corporels résistent à l’insuline et de fait les cellules B doivent en produire davantage. La conséquence correspondant alors au deuxième temps est l’insulinodéficience, où là les cellules B du pancréas deviennent moins sensibles au glucose, et l’hyperglycémie s’installe progressivement.

On dit que l’insulinodéficience est absolue lorsque le taux de glycémie à jeun est mesuré à 2g/l, le diagnostic du diabète de type 2 est alors posé. Les causes sont génétiques et environnementales. On comprend en effet, qu’une alimentation trop riche en graisse et en produits sucrés favorise le passage de l’insulinorésistance à l’insuliondéficience, mais attention, ne culpabilisez-pas, car le facteur génétique joue également un rôle. Tous les gourmands ne sont pas diabétiques ! Toutefois, on comprend aisément combien une alimentation saine et équilibrée peut préserver l’organisme et comme l’enjeu du dépistage d’un pré-diabète est important.

La bonne bouffe du diabétique

On dit maintenant qu’il n’y a plus de régime diabétique. Attention, ne vous méprenez-pas ! Il s’agit d’une « stratégie » de présentation qui se veut rassurante mais qui vient du fait et de l’idée que tout le monde devrait manger comme les diabétiques. L’hyperglycémie est bien là et le corps, et ce peu importe le type de diabète, n’est plus en mesure seul de la contrôler. C’est le patient le remède ! Ainsi, la personne qui avait une alimentation équilibrée et qui devient diabétique sera totalement en accord avec l’idée qu’il n’y a plus de régime, par contre celui ou celle qui était gourmand(e) vivra bien comme un « régime » les mesures hygiéno-diététiques imposées par le diabète. Notre rapport à l’alimentation est singulier, et même si la vérité théorique de l’idée qu’il n’y a plus de régime diabétique ne fait aucun doute, sur le plan pratique, dans la vraie vie de chacun, il en est parfois bien autrement.

Même si le rapport à l’alimentation est radicalement différent entre le diabète de type 1 et celui de type 2, on en arrive tout de même à un consensus. En effet, dans le diabète de type 1, en théorie, avec l’insulinothérapie fonctionnelle il suffit de « maîtriser » les glucides ingérés pour doser correctement l’insuline à s’injecter. Toutefois, certains diabètes sont dits instables, puis le stress, les rythmes de vie, les changements climatiques… et de nombreux autres phénomènes jouent sur l’équilibre glycémique, de plus, les produits à index glycémique élevé entraînent des pics d’hyperglycémie parfois difficiles à corriger avec l’insuline. Dès lors des effets rebond et « yo-yo » de la glycémie favorisent l’instabilité du diabète, ce qui peut déprimer la personne puisqu’elle a le sentiment de ne plus rien comprendre et d’être totalement sous l’emprise du diabète.

Ainsi, bien que ces deux maladies soient foncièrement différentes, leur même combat contre l’hyperglycémie fait que les mesures hygiéno-diététiques spécifiques du diabète de type 2 peuvent s’avérer également utiles, voire nécessaires dans le diabète de type 1.

Nous décoderons ces mesures dans un prochain article dédié uniquement à ces dernières.

A bientôt !

Annabelle ORSATELLI

Lire la suite de l’article :
Zoom sur l’alimentation du diabète de type I
Zoom sur l’alimentation du diabète de type II

patisserie pour diabetique

Rejoindre Annabelle Orsatelli sur son site internet Lapatisseriepourdiabetiques.com.

Auteure du livre "La Pâtisserie pour Diabétiques, c'est permis!". Passionnée depuis toujours de pâtisserie, le diabète omniprésent dans sa famille l’a poussé à étudier, durant plusieurs années, les propriétés physico-chimiques des ingrédients de base en pâtisserie, afin de pouvoir les remplacer par d’autres mieux adaptés aux diabétiques. Au travers de ces articles, elle nous montrera comment « diabète et gourmandise » peuvent enfin se réconcilier !