Au secours, c’est quoi le diabète ?

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S’il y a bien une maladie terrible parmi toutes lorsque l’on est gourmand : c’est le diabète. Selon la Fédération Française des Diabétiques, la France comptait plus de 3 millions de diabétiques en 2013, soit 4,7% de la population. (A cela, s’ajoutent les personnes diabétiques qui s’ignorent). On parle d’une véritable épidémie. Mais qu’est-ce que le diabète ? Quels font les différents types de diabète ? On a mené l’enquête pour vous !

Le diabète… pour les nuls

Qu’est-ce que le diabète ?

Le diabète est une maladie caractérisée par une hyperglycémie chronique.
Ce problème vient de l’insuline qui est la seule hormone dans l’organisme humain capable de diminuer les taux de sucre dans le sang. Si l’insuline est défaillante, c’est donc tout le fonctionnement de régulation de la glycémie qui est impacté. Et c’est justement ce qui se passe dans le cas du diabète. L’insuline est absente (type I) ou diminuée et défaillante (type 2), ce qui cause une hyperglycémie** chronique autrement dit, on a un excès de sucre dans le sang se traduisant par une glycémie élevée (glucose = autrement dit « sucre »).
**Pour rappel, la glycémie est trop élevée lorsqu’elle est égale ou supérieure à 1,26 g/l à deux reprises ou égale ou supérieure à 2 g/l à n’importe quel moment de la journée.

Les deux types de diabète

On distingue deux types de diabète :
– le diabète de type I , anciennement appelé insulinodépendant, qui touche 6% des diabètiques. Il se caractérise par l’absence d’insuline, conséquence de la destruction des cellules du pancréas en charge de la production d’insuline (les cellules β des ilots de Langerhans). Cette réaction est causée par un mécanisme auto-immun. Le diabète de type I est donc une maladie auto-immune, c’est aussi pour cette raison que ce type de diabète est diagnostiqué tôt (chez des sujets jeunes).
– le diabète de type II  (92% des cas !) qui se caractérise par une carence en insuline (il y a moins d’insuline dans l’organisme – mais elle est toujours là) et une moindre efficacité de celle-ci, causée par un état « d’insulino-résistance » : l’insuline a du mal à agir . A la différence du Type I, ce type de diabète se développe avec le temps (c’est pour cela qu’il est diagnostiqué chez des sujets plus âgés) et est la conséquence de plusieurs facteurs externes (alimentation inadaptée, surpoids, manque d’activité sportive). Il nécessite néanmoins une certaine prédisposition génétique.
Le diabète pour les nuls

Source: FREEPIK/DocteurBonneBouffe.com

Cas particulier du diabète de type I

Pourquoi a-t-on le diabète de type I ?

Dans le diabète de type I, le mécanisme est très particulier puisqu’il est « auto-immun » : c’est-à-dire que c’est l’organisme lui-même qui détruit les cellules responsables de la production d’insuline (les cellules β des ilots de Langerhans). Le système immunitaire se retourne contre une partie du corps, un peu comme s’il prenait les cellules β du pancréas pour des virus : il crée ainsi des anticorps qui vont se débarrasser d’elles. Puisque les cellules B sont détruites, elles ne peuvent donc plus produire d’insuline, et donc réguler notre glycémie : nous avons donc besoin d’insuline (apportée par des médicaments, les « anti-diabètiques oraux », ou des injections d’insuline) : c’est pour cette raison que ce diabète est dit insulinodépendant.

Les causes sont inconnues, mais en tout cas elles ne sont pas liées à l’alimentation et les facteurs génétiques semblent faibles : en effet, il existe seulement 30 % de « chances » d’avoir un diabète de type I avec les deux parents atteints par cette même maladie. (La prévalence est nettement plus importante pour le type II : 40% de « chance » d’avoir le type II avec un seul parent atteint, et 70% de chances avec les deux parents atteints).

Ce diabète est fréquent chez l’enfant, il était anciennement appelé diabète juvénile, mais une forme adulte existe également connue sous le nom de diabète de type 1 « lada » « Latent Auto-immun Diabetes in Adults » (diabète de type I décelé tardivement).

Le diabète de type II

Comment apparaît  le diabète de type 2 ?

Le mécanisme d’apparition du diabète de type II est très différent  :  il est assez complexe et comprend deux temps différents.

Le premier, qui peut s’étendre sur 10 ou 20 ans, est parfois aussi appelé pré-diabète et son mécanisme est l’insulinorésistance. Les tissus ou muscles de notre organisme résistent à l’action de l’insuline : cette dernière a du mal à pénétrer dans les tissus, et de ce fait le pancréas doit en produire davantage. A ce stade, il y a souvent aucun symptôme visible dans l’organisme car la glycémie arrive tant bien que mal à être stabilisée.  Mais à force de produire trop d’insuline, les cellules pancréatiques se fatiguent et entraînent une diminution de la production d’insuline. C’est alors le deuxième temps : l’insulinodéficience, : on a moins d’insuline, de plus elle est moins efficace face aux cellules qui deviennent moins sensibles au glucose, et l’hyperglycémie s’installe progressivement.

Les causes sont d’une part génétiques (existence d’une prédisposition) et d’autres part environnementales : l’alimentation, l’activité physique mais surtout le surpoids y jouent un rôle très important. En effet, 80% des patients atteints de diabète de type II sont en surpoids ou obésité… C’est d’ailleurs pour cette raison que la première prise en charge du diabète de type II est la prise en charge du surpoids ou de l’obésité.

Pourquoi faut-il traiter le diabète ?

Les hyperglycémies, même si elles peuvent être asymptomatiques en dessous d’un certain seuil, sont très dangereuses pour l’organisme : Sur le moment, elles entraînent des symptômes pouvant aller de la simple soif intense avec des envies fréquentes d’uriner jusqu’à des troubles graves de la conscience.

A long terme, les hyperglycémies fréquentes peuvent entraîner :

  • une altération des nerfs et des vaisseaux sanguins présents dans tout le corps, ce qui peuvent se traduire par des risques élevés de rétinopathie (atteinte des vaisseaux sanguins de l’oeil, pouvant aller jusqu’à une cécité), des atteintes des pieds (pouvant conduire à des amputations) voir des reins (ex : insuffisance rénale).
  • des risques cardiovasculaires accrus (infarctus, accidents vasculaires cérébraux…)

Comment manger quand on est diabétique ?

Respecter les règles de l’équilibre alimentaire est particulièrement important lorsqu’on est diabétique. Heureusement, un régime drastique n’est pas nécessaire. Pas besoin non plus de supprimer « toute source de glucides » ! Il conviendra juste de ne pas abuser de glucides simples (qui apportent de l’énergie à court terme) et de ne pas les prendre en prise isolée (ce qui engendre des pics de glycémie). Il conviendra d’ajouter une source de glucides complexes à chaque repas et d’étaler leur prise tout au long de la journée (pour éviter les variations de glycémie).

Autre point important : les matières grasses ! On parle souvent des sucres dans le cadre du diabète, mais très peu des matières grasses. Une alimentation trop riche en graisses est d’autant plus néfaste pour le diabétique que : tout d’abord, il aggrave le phénomène d’insulinorésistance des tissus de notre organisme à l’insuline. De plus, les graisses (si consommées en excès) sont transformées dans notre organisme en… sucre ! Les matières grasses peuvent donc aggraver une hyperglycémie – d’où l’importance de les utiliser au strict minimum.

Autres conseils alimentaires pour la diabétique : privilégier les aliments riches en fibres (légumes, fruits, farine complète), qui ont la formidable capacité de limiter l’absorption des matières grasses et du sucres… A bon entendeur :) !

Retrouvez en détails toutes les astuces de bases pour manger en étant diabétique ici :
Zoom sur l’alimentation du diabète de type I
Zoom sur l’alimentation du diabète de type II