Depuis quelques semaines, le sujet du cadmium suscite beaucoup d’inquiétude… en particulier chez les parents. Et c’est normal : lorsqu’il s’agit de l’alimentation de nos enfants, on a envie de bien faire, et surtout de les protéger. Mais si le cadmium est bien présent dans notre environnement, pas de panique : il existe bien des leviers simples et efficaces pour limiter l’exposition au quotidien de nos enfants. Voyons ensemble ce qu’il faut vraiment savoir — et surtout, quoi faire concrètement pour les protéger.
Les enfants sont-ils plus à risque de contamination au cadmium ?
Oui, les enfants sont considérés comme plus sensibles au cadmium que les adultes. Pourquoi ? Tout simplement parce que leur organisme est encore en développement :
- Leur système digestif absorbe davantage certains contaminants
- Leurs organes (reins, os…) sont encore immatures
- Et rapporté à leur poids, ils mangent souvent plus que les adultes
Résultat : à exposition égale, l’impact peut être plus important chez l’enfant. D’ailleurs, les chiffres de l’ANSES le confirment :
Cadmium chez l’enfant : que disent vraiment les chiffres ?
Au-delà du ressenti, les données scientifiques confirment cette vigilance. La dernière étude de l’ANSES montre que entre 23 % et 27 % des enfants dépassent la dose journalière tolérable pour le cadmium, contre 1,4 % à 1,7 % des adultes [1]. Autrement dit : les enfants sont nettement plus concernés par une exposition excessive. Mais attention : cela ne veut pas dire qu’il y a un danger immédiat. Ces données servent surtout à identifier un risque à long terme et à orienter les recommandations de santé publique.
En effet, car le risque dépend surtout des habitudes alimentaires, tous les enfants ne sont donc pas exposés de la même manière. Un enfant qui consomme très régulièrement les mêmes produits céréaliers (pain, pâtes, biscuits à base de blé) aura par exemple une exposition plus élevée qu’un enfant dont l’alimentation est plus variée. De la même façon, la qualité de l’alimentation joue un rôle : varier les sources de féculents, intégrer des légumineuses, ou encore privilégier certains produits peut déjà faire une différence. Voyons justement comment :
Comment protéger les enfants du cadmium au quotidien ?
Les conseils pour protéger les enfants du cadmium sont les mêmes que chez l’adulte, à savoir :
Règle n°1 : varier les céréales et les féculents
C’est LE réflexe numéro un. Certaines céréales, notamment le blé et le blé dur, ont tendance à accumuler davantage de cadmium. Le problème, ce n’est pas d’en consommer… mais d’en consommer tous les jours, sous toutes ses formes (pain, pâtes, biscuits…), ce qui favorise la surconsommation. L’objectif est donc de diluer l’exposition en introduisant d’autres céréales, d’autres féculents pour répartir au maximum les risques.
- Alterner : riz, pommes de terre, patates douces, quinoa, sarrasin, avoine, millet…
- Varier aussi les origines des produits
Règle n°2 : proposer plus souvent des légumineuses
Les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots…) sont intéressantes pour deux raisons :
- Elles sont globalement moins contaminées en cadmium
- Elles permettent de varier les sources de féculents
Remarque : Chez l’enfant, l’enjeu est surtout l’acceptation, car beaucoup d’enfants rejettent les légumineuses dans leurs assiettes. Voici quelques astuces simples pour faciliter leur consommation :
- Les intégrer en version “cachée” (houmous, galettes, purées)
- Les mélanger avec des aliments déjà appréciés
- Commencer par des textures douces (lentilles corail, pois cassés)
Pour obtenir des idées simples et gourmandes, vous pouvez vous inspirer de ces 12 recettes faciles pour faire aimer les légumineuses aux enfants : une vraie mine d’idées pour varier les plaisirs sans prise de tête.
Règle n°3 : privilégier le bio autant que possible (surtout pour les céréales)
Les produits bios contiennent théoriquement moins de cadmium, car ils n’utilisent pas d’engrais phosphatés de synthèse (souvent riches en cadmium). Une étude publiée en 2014 dans la revue British Journal of Nutrition montre que les produits issus de l’agriculture biologique présentent en moyenne 48 % de cadmium en moins que ceux issus de l’agriculture conventionnelle [2]. Mais attention :
le bio ne garantit pas un “zéro cadmium”, car ce métal est naturellement présent dans les sols.
Mon conseil de diététicienne : Si votre budget est limité, privilégiez en priorité les céréales et produits céréaliers bio, car ce sont les aliments les plus exposés au risque de contamination.
Règle n°4 : le chocolat, oui… mais sans excès
Le chocolat peut contenir du cadmium, surtout selon l’origine du cacao. Faut-il l’interdire ? Non. C’est un aliment plaisir, consommé en petites quantités.
En pratique :
- Évitez les excès
- Privilégiez si possible des cacaos issus de zones moins contaminées (ex: chocolat et cacao d’Afrique)
- Et gardez une approche équilibrée (pas de restriction stricte)
Règle n°5 : surveiller les apports en fer, zinc et calcium
C’est un point clé, souvent méconnu. Les carences en certains minéraux peuvent augmenter l’absorption du cadmium. Pourquoi ? Parce que le cadmium utilise les mêmes transporteurs que le fer et le zinc dans l’intestin. Et le calcium, lui, agit comme un frein naturel à son absorption. D’où l’importance de couvrir les besoins avec :
- en Fer : légumineuses, viande, poisson, œufs, tofu…
- en zinc : graines, viande, légumineuses…
- en calcium : produits laitiers, amandes, légumes verts, sardines…
Faut-il s’inquiéter pour nos enfants ? Mon avis de diététicienne

Le cadmium est bien présent dans notre alimentation… mais il ne faut pas tomber dans l’anxiété.
Ce qu’il est important de retenir :
- Tous les enfants ne sont pas exposés de la même manière
- Le risque dépend surtout des habitudes alimentaires
- Et surtout : vous avez un vrai pouvoir d’action.
En pratique, les 3 piliers à retenir :
- Varier l’alimentation
- Éviter les répétitions excessives aux mêmes aliments
- Composer des assiettes équilibrées et veiller à couvrir les besoins nutritionnels
Pas besoin de viser la perfection, mais comme toujours l’essentiel est de faire de son mieux faire une différence sur le long terme.
💬 Et vous, comment vivez-vous ces informations en tant que parent ? Est-ce que cela vous inquiète… ou vous aide à y voir plus clair ?
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Sources :
[1] Site internet de l’ANSES, Qu’est-ce que le cadmium et quels sont les risques pour la santé, page consultée le 1er avril 2026.
[2] Barański, Marcin et al. “Higher antioxidant and lower cadmium concentrations and lower incidence of pesticide residues in organically grown crops: a systematic literature review and meta-analyses.” The British journal of nutrition vol. 112,5 (2014): 794-811. doi:10.1017/S0007114514001366
