Les édulcorants : le point sur les avantages et les risques

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Les édulcorants sont à la mode. Stévia, aspartame, sorbitol, acésulfame k, mannitol, xylitol : on les retrouve de plus en plus fréquemment dans les aliments de grande consommation (que ce soit dans les boissons sucrées dites « light », dans les gâteaux allégés voir même dans certains produits minceurs ou destinés aux personnes diabétiques). Mais les édulcorants sont-ils dangereux pour notre santé ? S’avèrent-ils une aide à ceux qui veulent limiter leur consommation de sucre, notamment pour perdre du poids ? DocteurBonneBouffe.com fait le point pour vous.

Les édulcorants : définition, avantages et risques sur la santé

Qu’est-ce qu’un édulcorant ?

Les édulcorants sont des substances utilisées dans le domaine de l’agroalimentaire comme additifs alimentaires pour leur pouvoir sucrant supérieur à celui du sucre. Cette dernière se définit comme la capacité d’une substance à provoquer une saveur sucrée.

Les édulcorants ont des origines diverses : si certains sont naturels, la plupart est synthétique, issue de la synthèse par l’homme. On les appelle alors les édulcorants de synthèse.

Les différents édulcorants

Les différents édulcorants sont classés en deux grands groupes :

  • Les édulcorants à pouvoir nutritif qui ont la particularité d’apporter quand même des calories :
    • Ce sont majoritairement des édulcorants naturels (glucose, fructose, galactose, saccharose, lactose, maltose);
    • Mais on y retrouve également les édulcorants dérivés de produits naturels (tels que le sirop de glucose, le sucre inverti ou encore les polyols : sorbitol, mannitol, xylitol, etc).
  • Les édulcorants intenses ou de synthèse qui apportent peu ou pas d’énergie. On distingue :
    • Les édulcorants intenses issues de molécules obtenues à partir d’extraits végétaux : par exemple les extraits de stévia ;
    • Les édulcorant intenses modifiés chimiquement (=édulcorants de synthèses). C’est le cas de l’aspartame ou encore de l’acésulfame de potassium (dit acésulfame K).

Les 3 avantages majeurs des édulcorants

#1 Ils ont un pouvoir sucrant supérieur au sucre

Le principal avantage des édulcorants, qui explique l’intérêt de leur utilisation par les industriels, est leur pouvoir sucrant supérieur au sucre qui en font un excellent substitut du sucre. En guise de comparaison, la perception du goût sucré en bouche des édulcorants peut être jusqu’à 400 fois supérieure à celle du sucre (dont le pouvoir sucrant est de 1 : valeur de référence). De ce fait, une infime portion suffit pour apporter un goût sucré intense sans présence de sucre !

Vous trouverez ci-dessous le tableau des principaux édulcorants ainsi que leur pouvoir sucrant :

édulcorants pouvoir sucrant

#2 Ils n’apportent pas de calories (ou alors très peu)

Autre avantage majeur des édulcorants : ils apportent un goût sucré sans apporter de calories… ou alors très peu ! Le rêve pour les amateurs de produits sucrés ! Cela explique leur présence dans les sodas lights ou les produits dit « diététiques » qui ciblent une clientèle axée sur la minceur et la perte de poids.

C’est pour cette raison que les édulcorants sont souvent recommandés dans le cadre de régimes thérapeutiques comme dans les cas d’obésité par exemple : en remplaçant le sucre par des édulcorants, il est alors possible de diminuer les apports énergétiques, ce qui est favorable à une perte de poids.

Alors que la plupart des édulcorants n’apportent aucune calorie (c’est le cas pour l’acésulfame  k, par exemple), d’autres édulcorants peuvent apporter des calories. Ainsi, l’aspartame par exemple apporte 4 calories par gramme, néanmoins son utilisation se faisant en quantités minimes, son apport calorique reste négligeable. 

#3 Ils n’ont pas d’effets sur la glycémie (du moins en théorie)

Les édulcorants présentent également l’avantage de ne pas entraîner de pic de glycémie, à l’inverse du sucre. Cela explique pourquoi ces substances sont particulières utiles en cas de diabète, où la régulation de la glycémie est perturbée par une déficience ou absence d’insuline (= l’hormone sécrétée par le pancréas pour réguler la glycémie).

Des avantages à nuancer : risques et dangers liés à la consommation d’édulcorants

Mais les avantages des édulcorants sont à nuancer. Des études ont pu mettre en évidence des effets contradictoires.

#1 Une flore intestinale modifiée

Une étude récente menée chez les souris a prouvé que la consommation d’aspartame, de sucralose et de saccharine (3 édulcorants très utilisés) perturbaient la composition de notre flore intestinale (2).  Or, le microbiote intestinal joue un rôle essentiel dans notre organisme, notamment dans notre poids (lire l’article « La flore intestinale : un rôle essentiel dans l’obésité et le surpoids »).

Ainsi, une flore bactérienne perturbée favoriseraient la survenue d’obésité et de diabète notamment par l’apparition d’un phénomène de résistance à l’insuline. Ces effets n’ont néanmoins pas encore été prouvés chez l’adulte.

#2 Des sensations de faim accrues

Des études d’observation ont confirmé que l’utilisation d’édulcorants intenses est paradoxalement associée à un gain de poids, sans que la causalité de cette association n’ait été établie. Étonnant pour un produit qui, à la base, est destiné à des personnes faisait attention à leur poids !

Au delà des effets des édulcorants sur la flore intestinale que nous avons énoncés dans le point précédent et qui pourraient être indirectement à l’origine d’une prise de poids, la plupart des produits en contenant étant de faible apport énergétique, ces derniers pourraient potentiellement tromper le cerveau sur l’apport en calories en stimulant les récepteurs du goût sucré et augmenter l’appétitfavorisant les grignotages et, donc, la prise de poids.

#3 Une glycémie perturbée

Même si les édulcorants eux-mêmes ne seraient pas absorbés par notre organisme et n’auraient pas d’impact sur la glycémie de manière isolée et sur le court terme, des études ont pu établir qu’ils pouvaient augmenter l’absorption intestinale du glucose issu des autres aliments glucidiques consommés conjointement avec les édulcorants (3). De ce fait, ils ne seraient pas neutres sur la glycémie.

Une autre étude a montré que la saccharine, en particulier, stimulait la phase céphalique de la sécrétion d’insuline – tout comme le faisait le sucre (4). Autrement dit, le goût sucré de la saccharine en bouche avait la capacité de stimuler le cerveau entraînant une augmentation des niveaux d’insuline. Il n’est pas exclu que cet effet puisse aussi apparaître lors de la consommation d’autres édulcorants.

La théorie de la flore intestinale perturbée qui entraînerait un risque de diabète accru semblerait être confirmé avec une autre étude réalisée par l’INSERM sur une cohorte de 68 188 femmes.

Selon cette dernière étude, le risque de développer un diabète est supérieur pour les personnes consommant des boissons light régulièrement. Ce risque serait évalué à 15% supérieur chez ceux qui en consommeraient 0,5 litres par semaine, ou encore de 59% supérieur pour ceux qui en consommeraient 1,5 litres par semaine (5) !

#4 Un risque de développement de tumeurs : avéré ou pas ?

Des études notamment réalisées sur l’aspartame ont semé la panique chez les consommateurs de produits contenant des substituts de sucres (la fameuse étude Ramazzini (6)). Selon l’étude en question réalisée chez la souris, la consommation d’aspartame favoriserait l’apparition de certaines tumeurs – du moins chez la souris.

D’autres travaux réalisés sur l’aspartame et publiés en 2011 suggèrent l’apparition de cancer du sang et de la lymphe. Le lien avec les cancers digestifs ou du cerveau ont cependant été écartés. Mais les études sont contradictoires. La prudence doit rester de mise.

#5 Les édulcorants et l’amour du sucré

Enfin, dernier inconvénient et pas des moindres, selon moi : les substituts de sucre contribueraient à entretenir la dépendance au goût sucré ainsi que l’appétence pour les produits sucrés – catégorie d’aliments source de calories vides. De plus, la consommation de produits sucrés – édulcorés ou non – pourraient potentiellement freiner la consommation d’aliments plus intéressants sur le plan nutritionnel (fruits, légumes, céréales complètes, légumes secs…).

Le petit mot de DocteurBonneBouffe.com

Alors qu’on les croyait bénéfique sur la glycémie ou encore le poids, de plus en plus d’études mettent en avant les effets controversés des édulcorants. De plus, des doutes persistent toujours sur leur innocuité.

Afin de garantir une consommation en toute sécurité,  des doses journalières admissibles (DJA) ont été mises en place par les autorités. Il est probable que pour dépasser cette DJA, il faille consommer des quantités considérables de l’édulcorant. Mais face à l’absence de certitude quant à leurs effets à long terme, il est difficile d’émettre une conclusion définitive. Il est donc préférable par principe de précaution de garder les substituts au sucre pour des consommations exceptionnelles uniquement.

Par ailleurs, que ce soit pour le sucre ou les édulcorants, il est recommandé de consommer les deux avec modération. Il est préférable de limiter les apports en sucres par la diminution de manière générale du goût sucré de l’alimentation afin de freiner notre accoutumance aux produits sucrés.

Pour aller plus loin :
– Les produits sucrés dans une alimentation saine : c’est possible ?

Sources : 
(1) Recommandations de l’Anses sur les édulcorants
(2) Gut microbial adaptation to dietary consumption of fructose, artificial sweeteners and sugar alcohols: implications for host–microbe interactions contributing to obesity. Payne, A. N., Chassard, C. and Lacroix, C. (2012), Obesity Reviews, 13: 799–809. doi:10.1111/j.1467-789X.2012.01009.x
(3) Mace OJ, Affleck J, Patel N et al. Sweet taste receptors in rat small intestine stimulate glucose absorption through apical GLUT2. J Physiol, 2007; 582: 379-392.
(4) Just T, Pau HW, Engel U et al. Cephalic phase insulin release in healthy humans after taste stimulation? Appetite, 2008; 51: 622-627

(5) Consumption of artificially and sugar-sweetened beverages and incident type 2 diabetes in the Etude Epidémiologique, The American Journal of Clinical Nutrition, Volume 97, Issue 3, 1 March 2013, Pages 517–523
(6) Soffritti, M.; Belpoggi, F.; Esposti, D.D.; Lambertini, L.; Tibaldi, E.; Rigano, A. (2006). « First Experimental Demonstration of the Multipotential Carcinogenic Effects of Aspartame Administered in the Feed to Sprague-Dawley Rats ». Environ Health Perspect. 114 (3): 379–385. doi:10.1289/ehp.8711. PMC 1392232 . PMID 16507461.

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Diététicienne-Nutritionniste & Blogueuse complètement FOOD-dingue. Passionnée par l'alimentation, j'ai créé le blog DocteurBonneBouffe.com en 2013 dans l'espoir de vous prouver une chose : que manger sainement en se faisant plaisir est possible !